

Après ce (trop) bref séjour à Trinidad, dans ce petit village nîché au bord de la mer et en pleine campagne en même temps, un petit village plein d'histoire, nous partons direction Santa Clara. Et pour commencer il faut traverser la barrière montagneuse qui sépare la côte caraïbe de l'intérieur, Santa Clara étant située en plein milieu des terres cubaines. Et traverser cette chaîne alpine avec notre petite voiture releva du miracle puisque ledit véhicule eût des soubresauts tout le long de la route à la grande peur de Seb qui nous voyait déjà dormant dans la montagne au milieu de nulle-part, à la merci du premier charcutier venu... Et une fois passé le col le plus rude, le réservoir à peine plein, Manu et moi décidâmes d'un commun accord de continuer notre route jusqu'à Santa Clara située à plus de 25 kilomètres de là. Vous devinerez de nouveau qui a repeint son slip en pensant qu'on n'arriverait jamais au bout du voyage faute de carburant !!!


Si Trinidad était une ville d'histoire, celle de Santa Clara est beaucoup plus récente puisque la plupart des immeubles du centre-ville en garde encore les traces. C'est ici, en effet, que se joua la Révolution Cubaine et que les barbudos enlevèrent la victoire la plus décisive. Le 28 novembre 1958, El Che Guevara, à la tête de 300 hommes, s'empara de la ville tenue par plus de 3000 soldats de Batista. Et pour couronner le tout, le lendemain de cette victoire, il fît dérailler un train chargé d'armes, de munitions et de 400 soldats qui permit d'armer les rebelles castristes.


Bon, vous l'aurez compris, cette ville est très moche, on y voit des trous de balles partout et chacun de ces trous de balle est vénéré autant que la statue du Che qui repose en paix ici.


On n'y restera que le temps d'une journée et d'une nuit où l'on fera pas mal de rencontres sympas, ou non. La première est celle de notre hôte, aimable comme une porte de prison et qui garde sur lui les stigmates de sa ville (moche trou du cul), qui va surveiller nos faits et gestes toute la nuit dans sa superbe maison à la décoration non moins magnifique. Il n'aura peut être pas apprécié qu'on ne mange pas chez lui ni qu'on y fasse une partie de belotte endiablée par les quelques verres de rhum citron.


Rendus un peu joyeux par la partie de belotte, nous partîmes boire un verre dans un bar local où l'un d'entre nous se mit en tête de voir le mal partout : un vendeur de cocaïne à la sauvette, le patron du bar faisant passer des malettes à d'étranges inconnus, un voisin de comptoir avec une pétoire sous la ceinture, ... Mais un petit papy tout gentil vint discuter avec nous et nous raconta ses aventures de soldat avec le Che qu'il suivit en Afrique notamment en Angola. Ledit papounet nous offrit à tous trois une pièce de 3 pesos à l'effigie de Guevara. Le reste de la nuit est dans les brumes de ma cervelle, je me rappelle juste d'un manu assis sur son lit dans le noir à attendre (?), d'une soirée en boite avec Seb et surtout d'un énorme syndrome céphalo-rectal ou syndrome de la tête dans le cul le lendemain matin !!!
